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24 Heures (12 janvier 2009)
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La success story du fromager de Granges-près-Marnand

PORTRAIT

Jean-Michel Rapin, père du Maréchal, exporte jusqu’en Russie.

«Pourvu que ça dure!» Il y a quinze ans, il a créé son propre fromage, baptisé Le Maréchal, en hommage à son arrière-grand-père maréchal-ferrant. Depuis, Jean-Michel Rapin vit une success story qu’il qualifie d’«inespérée». En 1994, il en vendait 50 tonnes. En 2008, il a 14 producteurs de lait sous contrat et trois «occasionnels». Il emploie 6 personnes dans des locaux de 635 m2 et a commercialisé 313 tonnes de fromage. Mieux: Le Maréchal séduit les Etats-Unis, le Canada, l’Allemagne et désormais la Russie.

Jean-Michel Rapin ne se voit pas en homme d’affaires: «Ce métier permet à n’importe qui avec un niveau intellectuel moyen de devenir indépendant. Mais il ne faut pas avoir peur du travail.» Heureusement, amateur de défis, il avoue avoir besoin d’un «os à ronger». Et lorsque le fromager de Granges-près-Marnand parle de l’avenir, on croirait entendre un capitaine d’industrie. «Plus de la moitié de notre production part à l’exportation depuis l’année passée. Mais avec le dollar qui baisse et le franc suisse qui se renforce, on sera forcément pénalisé. Il va falloir se démarquer.»

Véritable homme d’affaires

Se démarquer: il n’a fait que ça, dès le départ. «I did it my way», chantait Frank Sinatra. Un credo pour Jean-Michel Rapin. Son secret? Sans doute d’avoir senti le vent tourner avant les autres. Jusqu’en 1999, l’Union suisse du commerce du fromage (USF) fixait depuis Berne des prix de vente du lait et des fromages. Une fois l’organe dissous, les producteurs de Gruyère, d’Emmental et de Sbrinz ont découvert les lois du marché. «Avant, il n’y avait pas besoin de se casser la tête. La Confédération ne permettait de faire que certaines sortes de fromages… On vivait bien.» Mais la fin de l’USF était aussi une porte ouverte vers la liberté. «Avec mes producteurs de lait, nous nous sommes distingués dès le départ par une bonne collaboration.» Une stratégie gagnante pour «se rapprocher du marché» et éviter une trop grande pression sur les prix. Pour mieux s’adapter à la demande, résister à la tentation de la surproduction et défendre sa marge par une qualité irréprochable. «On a bien travaillé, et on est toujours resté pragmatique et sensé.»

K. G.

© EDIPRESSE Publications SA